samedi 26 juin 2010

La «surprise» chinoise

Chaque samedi, un financier différent répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine Alec Young, stratège bousier mondial chez Standard&Poor's à New York.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

C'est l'annonce-surprise de la Chine qu'elle laissera sa monnaie, le yuan, s'apprécier graduellement face aux autres devises.

C'est une nouvelle positive pour les Bourses asiatiques, parce qu'elle augmentera le pouvoir d'achat des entreprises et des consommateurs chinois. Aussi, cette décision pour le yuan devrait être favorable aux marchés boursiers des économies productrices de matières premières, comme le Canada et l'Australie. En contrepartie, cette annonce de la Chine est relativement neutre pour les Bourses américaines, à moyen terme. Certes, il y aura un potentiel de profits accrus des entreprises qui exportent vers la Chine, mais les importations de Chine coûteront éventuellement plus cher à l'économie américaine,

Quel indicateur surveillez-vous le plus en ce moment?

La prochaine mesure du marché du travail aux États-Unis, c'est-à-dire l'emploi non agricole (non-farm payroll), qui sera publiée le vendredi 2 juillet prochain.

Il y a beaucoup d'incertitude quant à cet important indicateur économique, après le résultat très décevant du mois précédent. Il y a eu seulement 41 000 emplois créés dans le secteur privé en mai aux États-Unis. Tous souhaitent une nette amélioration en juin. Sans création d'emplois, la reprise économique serait sérieusement compromise.

Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?

Par mon travail de stratège boursier chez S&P, je dois m'en tenir à nos recommandations générales d'allocation sectorielle.

En ce sens, pour les portefeuilles de risque modéré, nous recommandons un maximum de 60% en actions. L'autre part de 40% devrait être repartie ainsi: 15% en comptant et 25% en titres à revenu fixe.

Pour la part en actions, nous recommandons une pondération de 45% en actions de sociétés américaines, de 11% dans les autres pays d'économie développée, et de 4% pour les actions d'entreprises liées aux économies émergentes.

Quel placement éviteriez-vous à tout prix?

C'est une question difficile ces temps-ci pour les stratèges boursiers, même si tous les investisseurs voudraient une réponse.

Il y a encore beaucoup d'incertitude dans les marchés quant à la reprise économique. D'ailleurs, regardez la Bourse américaine. Ça fait des jours qu'elle stagne, sans direction claire! Tant que ce contexte économique ne sera pas plus clair, nos recommandations d'investissement demeureront sans grande conviction. Elles sont relativement neutres et partagées entre les secteurs plus cycliques et ceux qui le sont moins. En ce qui concerne la Bourse américaine, nos seules recommandations de sous-pondération de marché sont pour les secteurs des matières premières et des services publics.

Alec Young est stratège boursier international au département de recherche en valeurs mobilières de Standard&Poors, à New York, depuis 2005. Auparavant, il a été pendant 10 ans gestionnaire principal de portefeuilles à Londres chez la firme de gestion de fortunes privées Ascend Capital Management.


Martin Vallières

Casey's: les choses se corsent pour Couche-Tard

Les choses se corsent pour Couche-Tard (T.ATD.B), qui tente d'acquérir la chaîne américaine de dépanneurs Casey's: l'entreprise lavalloise conteste désormais la constitutionnalité des lois de l'Iowa, qui pourraient bloquer la transaction.

Couche-Tard a déposé sa contestation la semaine dernière, a rapporté le quotidien Des Moines Register.

La législation de l'Iowa permet au conseil d'administration d'une entreprise visée par une offre publique d'achat hostile de ne pas tenir compte seulement des intérêts des actionnaires, mais aussi de ceux de la collectivité et des employés, a expliqué au journal le professeur de droit David Walker, de la Drake University.

Les lois de l'Iowa permettent également aux entreprises ciblées d'instituer des «pilules empoisonnées» qui font augmenter le coût potentiel d'acquisition en donnant accès à des actions à coût avantageux aux actionnaires existants.

Des lois semblables ont été reconnues comme valides dans d'autres États, mais celles de l'Iowa n'ont pas encore passé le test des tribunaux, selon le Des Moines Register.

samedi 5 juin 2010

Sotheby's va vendre aux enchères la collection d'art de Lehman Brothers

La collection d'art contemporain de la banque américaine Lehman Brothers, dont la faillite en septembre 2008 avait précipité la crise financière, sera vendue aux enchères par Sotheby's au mois de septembre.

Evaluée à plus de 10 millions de dollars, la vente comprendra plus de 400 lots dont des oeuvres de Damien Hirst, Gerhard Richter, Liu Ye et Julie Mehretu, a indiqué Sotheby's vendredi dans un communiqué. Elle se compose de la collection de Lehman mais aussi de celle de la firme de gestion d'actifs Neuberger Berman, qui avait été rachetée par la banque américaine.

Programmée pour le 25 septembre, elle affichera notamment une pièce intitulée We've got Style réalisée en 1993 par Hirst, l'enfant terrible de l'art contemporain britannique, et évaluée entre 800 000 et 1,2 million de dollars, The Long Way Home de Liu Yey et Sans titre de Mehretu, toutes deux estimées entre 600 000 et 800 000 dollars.

«C'est une collection véritablement visionnaire, à travers laquelle transparaît le flair en termes d'investissement de Neuberger Berman» a commenté Kelly Wright, conseillère de Lehman.

La vente doit encore recevoir le feu vert du tribunal des faillites qui supervise la liquidation de Lehman Brothers.

La faillite de Lehman Brothers, qui avait 639 milliards d'actifs au moment du dépôt de bilan le 15 septembre 2008, est la plus grosse de l'histoire américaine.

Agence France-Presse
New York


mercredi 2 juin 2010

Une dette de plus de 13 000 milliards pour les É.-U.

La dette publique des États-Unis a dépassé mardi pour la première fois le cap des 13 000 milliards de dollars, selon les données mises en ligne mercredi sur un des sites du département du Trésor américain.

La dette publique atteignait 13 050,826 milliards de dollars au 1er juin, indique l'«horloge de la dette» du site treasurydirect.gov, soit environ 88% du PIB du pays projeté par le gouvernement pour l'année en cours dans ses prévisions économiques de janvier.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), la dette publique américaine devrait atteindre 92,6% du PIB en 2010.

Mais pour Anthony Sanders, professeur à l'Université George Mason, la dette des États-Unis est déjà à plus de 110% de son PIB, si l'on inclut les organismes de refinancement hypothécaires parapublics, dont la dette colossale n'est pas agrégée aux comptes de l'État fédéral, bien qu'il la garantisse.

La dette publique américaine avait passé le seuil des 10 000 milliards de dollars en septembre 2008, au moment du pic de la crise financière. Le cap des 11 000 milliards a été passé en mars 2009, et celui des 12 000 en novembre.

Agence France-Presse
Washington